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Les différents styles

Les différents styles :

 

Le Wushu est un terme général qui rassemble toute la gamme des arts martiaux chinois. A la différence des arts martiaux japonais comme le Karaté, l’Aïkido, le Kendo ou le Judo; les arts martiaux chinois ne sont connus que sous une seule désignation, très générique, à l'étranger.  En réalité, il existe des centaines de styles de Wushu. Certains d'entre eux ne peuvent être différencié que par des pratiquants avertis, mais d'autres n'ont strictement rien en commun. Parmi cette quantité d'arts martiaux, certains sont sortis du lot. Ainsi, le Tai Chi ("Tai Ji Quan") est particulièrement plébiscité en Europe aujourd'hui. Le "Shaolin Quan", boxe des fameux moines du temple de Shaolin, est aussi, particulièrement célèbre. 

Classification des styles : 

- Boxe Interne et Externe :

Les termes de boxe "Externe" et "Interne" apparurent au cours de la transition Ming - Qing (1644-1661), dans l'épitaphe au maître Wang Zheng Nan. Ce texte fut écrit par Huang Zhongyue. Ce qu'il appela alors le style interne ne désignait qu’une seule boxe dont les concepts divergeaient radicalement de la boxe de Shaolin. A cette époque, la réputation de Shaolin était très établie, et de cette opposition naquirent les termes de boxe Waijia 外家 (externe) et Neijia 内家 (interne). Ce n'est qu'à partir de la fondation de la République chinoise (1912) que l'expression "Externe" fut employée pour désigner les styles principalement orientés vers l’attaque et « bénéfiques » pour les articulations. L'expression "Interne" désigna quant à elle les styles orientés vers la défense et issus des techniques de thérapie Daoyin. Par la suite, les boxes Taiji, Xingyi et Bagua, très célèbres de nos jours, furent incluses dans la catégorie Neijia 内家.

Aujourd'hui, pour les plus cartésiens d'entre nous, l'interne est un ensemble de processus physiques permettant l'application d'une force par un travail musculaire en aérobie, privilégiant au maximum la décontraction physique et une respiration ample et régulière.

 - Boxe Longue et Courte :

Il existe une distinction principale faite entre les boxes longues et courtes ; on parle de Chang Quan 长拳 (长 Chang = long, 拳 Quan = poing / boxes) et Duan Quan (短 Duan = court).  Cette longueur exprime l’amplitude des techniques et l’engagement du corps. Un coup de poing donné en Chang Quan se fait avec une rotation et un engagement des hanches et des épaules très important, ce qui entraine une plus grande portée des frappes, mais une rapidité réduite et une grande ouverture. Ces boxes comportent un grand nombre de techniques de jambes dont certains coups de pieds très acrobatiques.  Les pas y sont généralement légers et les déplacements rapides.  Les boxes courtes, quand à elles, utilisent un engagement d’épaules restreint, ce qui permet des enchainements de poings rapides et souvent l’utilisation simultanées des deux bras, l’un servant à attaquer tandis que l’autre défend.  La portée de ces techniques est bien plus courte.  Le corps est beaucoup moins ouvert. Les pas sont particulièrement lourds, les jambes comme enracinées dans le sol. Ces styles ne comportent que très peu de techniques de jambes, les quelques coups de pieds ne dépassant généralement pas la hauteur du genoux, mais en Wushu moderne, pour des besoins liés à la compétition, les coups de pieds sautés sont beaucoup plus présents. D'un point de vue du travail interne, ces boxes ont aussi un certain nombre de distinctions, mais nous reviendrons sur cet aspect dans des articles spécifiques. Il est aussi à noter que ces différences se répercutent dans la pratique des armes.

 - Boxe du Sud et du Nord :

La chine étant traditionnellement divisée par les frontières naturelles que sont le fleuve Huang He 黄河 et la montagne Qing Lin 秦岭; on distingue les styles pratiqués au nord et au sud de ceux-ci. On appelera  les styles du nord Bei Quan 北拳 (北 Bei = Nord), et ceux du sud Nan Quan 南拳 (南Nan = Sud). Cela n’aurait de raison d’être sans les corrélations quasi parfaites existant d’un côté entre Bei Quan et Chang Quan, puis de l’autre entre Nan Quan et Duan Quan. Pour la petite histoire, les chinois racontent que les armées ayant envahit la Chine par le Nord, utilisaient des chevaux. Ceci aurait favorisé les systèmes martiaux ayant des techniques de forte amplitude dans ces régions, tandis que dans le Sud les armées se composant majoritairement de fantassins, ce qui poussait à l’utilisation de techniques de combat rapproché.

F.Destrem / Yang Xiao Yuen / C.Garrido